True Blood / Alan Ball. – USA : HBO, 2008-2014

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Cette création bien juteuse signée Alan Ball : moi, l’innocente catlady en robe blanche, j’ai fini par l’avaler cul sec. J’ai d’abord laissé chaque goutte atteindre mes lèvres chastes oscillant ainsi du délice au supplice : plus on s’abreuve et plus on a soif. Je suis accroc au jus de vampire. Je me délecte de cette œuvre bien saignante. Le nectar vampirique d’Alan Ball coule encore dans mes veines et me fait frissonner de plaisir et de terreur.  Alan Ball, auteur de tous les auteurs, nous avait déjà livré une esthétique de la mort dans Six Feet Under et une esthétique rougeoyante dans American Beauty. On se souvient de la sublime Mena Suvari flottant dans un bain de roses rouges et d’un « Franck Underwood »  baignant dans son propre sang. Le rouge des roses de l’amour se mêle au sang de la vie et de la mort. Dans True Blood, les liaisons amoureuses sont aussi fatales que funestes. Si on se donne, on se donne entièrement. On donne sa vie, on donne son sang. L’amour passion est libéré de toute censure. C’est le corps, c’est la baise sur le billard, c’est la morsure fatale qui assure la jouissance finale. A Bon Temps, dans ce coin reculé de la Louisiane, on est bien loin des romances fleur bleue mais on ne badine pas avec l’amour. Aimer c’est être prêt à mourir pour l’autre et puis c’est tout. La série HBO aborde tous les tabous : sexualité, violence, mort, religion, addictions, racisme. Dans une Louisiane toujours mystérieuse et mystique, les cyprès embrumés pleurent la beauté végétale du Mississipi et les vampires versent des larmes de sang. On y trouve tous les spécimens de la nature : vampires vikings super sexy, loups et panthères garous, fées à la peau de perle nacrée,  métamorphes, télépathes, intégristes anti-vampires, vamp au teint de pierre de lune et à la beauté aussi virginale que foudroyante, ménades échevelées au service de Dionysos. Dans l’univers de True Blood, tout semble étrange et étranger. Et c’est l’étrange, l’inconnu qui attire et répugne. Car la série issue des Romances de la Communauté du Sud de l’écrivaine Charlaine Harris aborde aussi la question de la difficulté du rapport aux autres et du racisme généralisé. L’étrange et l’étranger génèrent la peur : xénophobie, homophobie, vampiro-phobie… Et pourtant quand la phobie est dépassée, qu’est-ce que c’est bon! True Blood saigne de plaisir et d’amour, mâche et recrache la peur de l’autre, vous invite à goûter cet autre. Pour ceux qui n’ont pas encore dégusté ce met très raffiné du chef Alan Ball… laissez-vous tenter. Mais attention, ici les vampires ne finissent pas en poussière et pas de super-blonde à l’horizon pour vous sauver !

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