The Secret history : Le Maître des illusions / Donna Tartt. – Paris : Plon, impr. 1994.

sans-titre

Avant Le Chardonneret, la camarade de Bret Easton Ellis avait livré un roman de campus américain oscillant de la décadence au désoeuvrement en passant par le crime et la perversion.

The Secret History relate l’épopée juvénile de Richard, étudiant boursier, qui décide d’abandonner des études de médecine pour s’inscrire dans un cours de grec ancien comptant cinq étudiants triés sur le volet par le professeur et mentor Julian Morrow. Il quitte sa Californie natale pour rejoindre l’Université de Hampden dans le Vermont (celle où ont étudié Bret Easton Ellis et Donna Tartt) où il devra intégrer ce clan d’étudiants riches arborant les montres Cartier, érudits arrogants, élitistes et absolument « weird ». On y trouve Henry, génie charismatique et manipulateur.  Francis, homosexuel et décalé.  Bunny, moins brillant, instable et alcoolique. Charles et Camilla, un couple de jumeaux fusionnels. Il tombe rapidement sous le charme de Camilla, seul personnage féminin du groupe, envoûtante, troublante et atemporelle dans sa robe blanche volant dans la nature lumineuse du Vermont. Donna Tartt dresse le portrait d’une jeunesse désoeuvrée, noyée dans un tourbillon d’études inutiles et sans débouchés. C’est un roman d’apprentissage poussé à l’extrême dans lequel des étudiants mettent en pratique les théories de profs qu’ils vénèrent un peu trop. Reconstituer une bacchanale, par exemple, peut s’avérer dangereux… Isolé et en rupture avec sa famille, Richard finit par connaître une misère sociale étudiante bien réelle. Il ne peut dès lors compter que sur les membres de ce clan étrange. Peu à peu, le verni s’estompe autour de cette communauté faussement solide qui vit en vase-clos et Richard finit par voir les membres du groupe sous leur vrai jour : superficiels, snobs, manipulateurs, fous, à l’innocence tâchée de sang comme la robe blanche de Camilla. Mais ce qu’ils vont vivre ensemble les reliera à jamais.

Une beauté tragique, antique, grecque plane sur cet ouvrage dense, juste, travaillé jusqu’à l’os.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s