La Fille du train / Paula Hawkins. – Paris : Sonatine, DL 2015.

fille train

Avec La Fille du train, Paula Hawkins nous fait voyager en 1ère classe de la littérature polar, sur les rails d’un thriller psychologique haletant. Les voyageurs voient du paysage.

Qui a l’habitude du train comprendra très vite la position de voyageur-voyeur de Rachel et à terme de témoin. Voyager en train, c’est l’occasion de regarder défiler le paysage de sa propre vie et de la comparer à celle des autres, celle de ceux qu’on voit sur les quais et celles de ceux qui vivent dans les habitations proches de la voie ferrée. Rachel regarde sa vie, son divorce, sa stérilité, son alcoolisme, son chômage et sa solitude. Elle s’enfonce chaque jour un peu plus dans un tunnel noir à destination de l’enfer. Submergée par la honte, Rachel a décidé de continuer à prendre le train comme pour perpétuer le train-train quotidien, la routine des allers-retours travail-domicile, la routine d’un amour perdu. Elle refuse de passer à autre chose, de changer de quai, de voie. Rachel passe chaque jour devant son ancienne maison où vivent encore Tom et l’autre femme, Anna, celle qui est mieux, celle qui n’est pas alcoolique, dépressive, celle qui a pondu, la femme parfaite, la connasse que toute fille bordeline qui se respecte se doit de détester. Elle passe aussi devant leurs voisins qu’elle nommera Jess et Jason. Jess et Jason, c’est le jeune couple parfait qui partage des p’tits dèj en terrasse et attend la venue du mioche qui viendra sceller leur merveilleuse union. Rachel regarde avec envie et amertume ces couples qui fonctionnent, ce bonheur qui marche comme un bon produit industriel. Elle regarde par la fenêtre du train comme elle regarderait un film : en tentant de vivre un bonheur par procuration. Mais Jess et Jason ne sont pas plus réels que des acteurs hollywoodiens. Un jour, Rachel voit Jess avec un autre homme que Jason. Quelques temps après, c’est en première page qu’apparaît Jess qui a disparu. Jess n’est pas Jess mais Megan, la fille qui a déjà eu un tout petit bébé qui reposait contre sa poitrine, cœur contre cœur, dans la douceur d’un bain à deux… Et à ce moment précis de l’intrigue, si vous ne pleurez pas c’est que vous n’êtes pas humains.

Un très bon roman de gare.

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s