C’est du propre ! / Zelba. – Saint-Etienne : Editions Jarjille, impr. 2011

Une BD nombriliste mais pas que…

Coucou ! C’est encore moi ! Ça va les gens ? Vous avez cru que je reviendrai pas hein… 😉 et si ! Je suis comme un opérateur de téléphonie mobile, le type des panneaux photovoltaïques ou la fenêtre de mise à jour Windows 10, je reviens toujours…

Bon, encore une BD de filles me direz-vous. C’est vrai que je deviens très friande du genre. Dès la première page, j’ai su que j’allais aimer cette BD. Pourquoi ? Parce que toute œuvre qui débute par un dialogue de l’auteur avec son nombril mérite ma plus haute estime (étant moi-même, vous le savez, infiniment nombriliste). En fait, ce « prologue ventriloque », ainsi intitulé par Zelba, m’a rappelée une conversation que j’ai eu un jour avec ma super copine Lucie. Lucie me disait donc qu’une copine à elle envisageait de devenir écrivaine et qu’elle suivait des ateliers d’écriture dans nos charmantes médiathèques françaises où trônent de sublimes créatures intelligentes et sexy appelées « bibliothécaires ». On aurait dit à l’écrivaine en herbe, donc la copine de ma copine, que le bon écrivain ne doit pas écrire sur lui-même mais doit être capable de se décentrer, de sortir de lui-même et de raconter la vie des autres en s’intéressant à eux et non plus à son petit nombril d’artiste narcissique. Et je dis moi, et pourquoi je dis tout ça en fait, euh… et ben je dis que c’est vrai. Mais je maintiens aussi que Proust n’est jamais vraiment sorti de son nombril, que Virginia Woolf est célèbre pour son pari de l’introspection, qu’Emily Dickinson n’est jamais sortie de ses 4 murs, que l’insupportable Rousseau n’a rien juré d’autre que de dire la vérité toute la vérité sur lui-même et que Flaubert c’était Madame Bovary (disait-il lui-même (il paraît)). A mes yeux, il n’y a de bonne écriture que celle qui puise sa source dans l’authenticité. Parfois il vaut mieux rester soi-même et ainsi rester dans le vrai. Parfois, il vaut mieux parler de son petit nombril pour prétendre se rapprocher de celui des autres, car il n’y a pas de vraie connaissance des autres mais seulement une connaissance des autres par rapport à soi ( = relation ) et car, dieu merci, il est possible de parler et de soi et des autres. Et je préfère mille fois lire un auteur qui me parle de lui, de sa petite vie avec sincérité que lire un simulacre de vérité. Et je dis donc :

Vive les nombrils de tout le monde et surtout celui de Zelba !

20160404_201530
(Je sais c’est pas droit, faut que je recrute un admin pour mon blog)

 

Et Wiebke Petersen, alias Zelba, fait partie de ces auteurs authentiques qui nous parlent de leurs nombrils avec talent, nous déballent des petites scènes de leurs vie quotidienne dans laquelle on se retrouve ou retrouve les autres justement 😉 Zelba est passé maître dans l’art de l’autodérision et nous relate avec humour ses expériences qui vont de la mort et du deuil à sa vie de jeune maman en passant par le vieillissement des grands parents engloutis petits bouts par petits bouts par l’affreuse Alzheimer, ses années de coloc en tant qu’étudiante Erasmus ou encore des anecdotes percutantes sur le racisme, la famille, la sexualité féminine. Comme Proust, Zelba a sa petite madeleine et c’est un bonheur de retourner dans son enfance avec sa mamie Omi qui lui donnait des « roulettos » de réglisse durs comme du bois. Ça m’a rappelée quand j’étais petite et que j’allais voir Madame Adger (vous savez Mme Adger !) (non vous savez peut-être pas en fait) qui habitait place du foirail (mais si oh) ! Elle était super gentille et nous donnait toujours des carrés de réglisse que je trouvais effectivement durs comme du bois. Perso, j’ai toujours détesté la réglisse et je préférais les petits Lu de ma mamie trempés dans le thé et dégustés avec Nounou.

reglisse2

Si le trait de Zelda est classique, parfois caricatural, son texte est savoureux. Son humour n’est pas nécessairement décalé mais parfois très premier degré et je dois dire que je me suis bien marrée comme une conne. Mes voisins ont dû croire qu’on égorgeait une truie quand je suis tombée sur les pages traitant de la recherche du point G (il faut dire, pour ma défense, que je n’ai pas d’isolation phonique).

pointG3 zelba

Voilà, voilà, donc franchement, lisez Zelba ne serait-ce que pour faire la rencontre de la bite qui n’avait pas de doigts, ça vaut le détour !

Voilà, voilà (tiens ça me fait penser qu’un jour (pour la petite anecdote), lors d’un concours, une examinatrice immonde avec une tête permanentée de soixante-huitarde sur le retour m’a dit que je devais absolument arrêter de dire « voilà » à chaque fin de propos, que c’était très pénible), et donc euh où en étais-je, ah oui : lisez Zelba aussi pour les éditions associatives « Jarjille » gérées par deux types très sympas que j’ai rencontrés à la médiathèque de Lempdes et qui sont également scénaristes et illustrateurs de BD.

Voilà.

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