L’Apocalypse selon Magda / Chloé Vollmer-Lo, Carole Maurel. – Paris : Delcourt, impr. 2016.

magda

Il est de ces œuvres que vous n’aimez pas parce qu’elles vous indiffèrent, d’autres parce que vous les détestez tant vous auriez pu les aimer.

La semaine dernière, alors que je déambulais dans les travées de la bibliothèque avec mon corps de déesse, je suis tombée sur cette BD. Là, mes neurones se sont connectées (et oui) : image d’une ado + mot «Apocalypse» = trop bieeen ! Alors je sais pas… peut-être que j’attendais trop de cette BD. Quand je l’ai refermée, je me suis dit : bon, quelque chose a dû t’échapper, fais chauffer tes neurones de blonde et trouve un sens nom d’une crevette rose de la dimension des crevettes roses (oui y en a une). Mais rien ne venait et ça fumait alors j’ai été frapper à la porte des pro. Et là, stupeurs et tremblements devant planetebd : « Ce n’est pas la première fois que des auteurs dépeignent une chronique adolescente. Ni la première fois que des auteurs mettent en scène ce qui pourrait ressembler aux derniers jours avant la fin du monde. L’excellente intuition de la scénariste Chloé Vollmer-Lo est d’avoir relié ces deux concepts a priori issus de registres narratifs différents ». J‘ai failli en tomber de mon clic-clac, franchement le mec il a failli faire décoller mon gros cul de feignasse de mon putain de clic-clac. Non mais allo. Non mais allo. Allez c’est bon, j’ai même pas envie d’en parler, ça me tue et je ne veux pas avoir encore une attitude de petite peste arrogante. Mais quand même… chut ! Je poursuis ma route chez le voisin bodoï : « Le seul petit bémol viendra peut-être de la fin, un poil trop pathos ». Euh, seulement la fin ? Seriously ? Un poil ? Bref, je ne suis visiblement pas la seule à avoir ressenti ce trop plein de « pathos ». ça me rassure un peu.

L’ « excellente intuition » super novatrice donc de Chloé Vollmer-Lo est d’avoir relié le thème de l’apocalypse à celui de l’adolescence. Ok. Hum (pardon j’ai la gorge qui me racle), ah bon m…chut tais-toi Julie (c’est dur de lutter contre son double maléfique). Bon, au commencement il y avait un excellent pitch : la fin du monde est annoncée, il vous reste un an à vivre. Que faites-vous ? Réponse : on profite à fond. Et Magda, 13 ans, va profiter à fond. Comment ? En se rebellant contre sa mère, en crachant au visage de la nana de son père, en faisant du sexe non protégé. Euh waouh. Ok. Et son mec Léon ? Il fume, boit, se drogue et, bien sûr, fait du sexe non protégé. Et devinez quoi : le jour de l’annonce de l’apocalypse, Magda se plaint que personne ne lui a souhaité son anniv ! C’est pas vrai… une ado égocentrique ! Légère stigmatisation des ados : Check. Zéro humour et distance : Check. Pourtant, avec mon côté Marshmallow, j’aurais très bien pu accrocher à un pur pathos 1é degré. Mais voilà, pour couronner le tout, ces personnages ne prennent jamais chair. Ils se réduisent à leurs actions : faire des conneries pour profiter à fond. Pas de caractères, sentiments, psychologie, relations dignes de ce nom… rien, nada. Je ne peux pas dire quelle est la personnalité de Magda, citer un seul trait de caractère qui lui soit propre et ne soit pas celui de n’importe quel ado (égocentrique, colérique, insolente…). Bref je me suis sentie comme un chien poilu (oui si j’étais un chien je serais très poilue) affamé à qui on avait donné un os au lieu d’une bonne côte de boeuf. 

Et pourtant, quel potentiel… Quoi de mieux que l’apocalypse pour parler de nos mutations adolescentes démoniaques, de ces bouleversements émotionnels et hormonaux ingérables, ces affres qui nous font croire que ça y est c’est la fin, nos erreurs d’ado, nos précipitations, notre empressement à vouloir grandir, cette sensation d’être bloqués dans l’éternité d’un enfer, ce sentiment de No Future, cette rage de vivre, sentir, goûter, toucher, voir, rire, pleurer, éprouver, aimer, jouir… Tout cela est merveilleusement beau, trop beau pour être caricaturé (ou pas justement).

Que voulez-vous, j’appartiens à une génération qui ne faisait pas tout un plat d’une petite apocalypse. C’était genre « Salut ça va ? Vous en faites une tête ? Une apocalypse ? Encore ? Bon par quoi on commence ? ». 

Un premier scénario un peu maladroit mais non sans intérêt et prometteur pour Chloé Vollmer-Lo. Les illustrations semi-réalistes sauce manga de Carole Maurel nous plongent avec efficacité dans une ambiance glauque pré-apocalyptique. Une fin « pathos » qui était la seule possible pour rester cohérente et fidèle au ton choisi. A lire absolument avant la fin du monde  😉

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