Les Petites reines / Clémentine Beauvais. – Paris : Sarbacane, impr. 2015.

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Clémentine Beauvais donne un grand coup de plume magique dans les fesses de la littérature jeunesse et mérite amplement son Prix Sorcières. Roulements de tambours.

Un style incisif, une écriture acerbe, une verve ironique, un humour décapant, il fallait bien tout ça pour régler son compte au diktat de la beauté, taillader les petits cons qui font le buzz sur Facebook (prends toi cette boule de Sarbacane 😉 dans ta face de blaireau), envoyer valdinguer les décorations de guerres hypocrites et rire des pères absents. Clémentine Beauvais m’a bluffée. Je suis clouée, sciée, prostrée, scotchée, pétrifiée (et tous les synonymes de ces mots dans la langue française) devant de tant de talent, de rage et de courage. Sans tabous, sans passer par la case Départ sans toucher 20000 Frcs (oui moi c’était en Frcs quand j’y jouais alors que j’entende pas un blaireau soulever l’anachronisme en se croyant super intelligent meeerci), Clémentine Beauvais relate l’épopée absurde de #3boudins (élues boudins d’or, d’argent, de bronze sur Facebook) et d’un éclopé qui ont décidé d’aller gate-crasher la garden-party du 14 Juillet à l’Elysée. Mireille, Astrid (fan d’Indochine… oui oui), Hakima (oui la pauvre elle cumule les 2 elle, grosse et arabe, pas de bol), réunies par leur laideur commune, sont bien décidées à ne pas se laisser faire… et euh à vendre du boudin végétarien aussi. Au cours de leur périple, elle seront guidées par le Soleil (rien que ça), Kader, frère d’Hakima, un ancien soldat qui a juste un peu perdu ses deux jambes à la guerre. Aller hop ! Youpi tralala. Le personnage de Mireille est juste parfait : ado impertinente, cassante, mordante et tordante d’autodérision – il en faut soi-même beaucoup pour créer un personnage qui sait se détester soi-même avec autant d’humour et de recul. Encore une fois, roulements de tambours et merci. Mireille va montrer à ses deux nouvelles copines comment survivre dans un monde de crétins dotés de supers pouvoirs maléfico-numériques comme celui de détruire l’autre en publiant un post – Mouhahahaha. Il va falloir « se muscler un poil le sens de la répartie » et délier les langues paralysées. Mais surtout : les insultes → il faudra apprendre à s’en faire des chapeaux. A la fin du bouquin, les 3 boudins qui ont provoqué un buzz médiatique national vont obtenir justice (et vengeance… ben oui quand même) car elles ont maigri en faisant du vélo de Bourg-en-Bresse à Paris, elles vont débarquer à la fête de l’Elysée toutes belles et pétillantes dans leurs robes rouges comme des poivrons (rouges du coup les poivrons) et vont rencontrer le prince charmant qui les délivrera d’un bais… mais non je déconne bande de blaireaux !

Un road trip burlesque aussi savoureux que Little Miss Sunshine. J’en ai fait qu’une bouchée et je dis : « Chapeau » et merci. Bon appétit à tous !

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PS : quelqu’un peut m’expliquer pourquoi Indochine me donne des frissons et aussi pourquoi je me suis retrouvée à écrire cette phrase sous du boudin ? (ah oui non en fait je sais)

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