Reine d’Egypte / Chie Inudoh. Paris : Ki-oon, 2017. (Collection Kizuna)

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La mangaka Chie Inudoh dessine les contours de la première femme pharaon, Hatchepsout, qui épousa son demi-frère Thoutmôsis II, il y a genre super longtemps (en gros au XVè siècle avant notre ère).

https://histoireparlesfemmes.com/2015/03/24/hatchepsout-roi-pharaon/

La crayonné ultra minutieux vous transporte directement dans l’ambiance de l’Egypte Ancienne. Chie Inudoh revisite sa mythologie, ses hiéroglyphes, ses dynasties, ses pyramides, ses ouvriers, architectes, parchemins et scribes 😉 ❤ … Elle trace la silhouette divine d’une femme ambitieuse, courageuse, volontaire et féministe avant l’heure. Petite fille, Hatchepsout veut déjà être pharaon et se demande bien pourquoi son crétin de frère aurait plus de légitimité pour occuper cette fonction alors même qu’elle le bat en duel. Pourquoi une femme ne pourrait-elle pas régner et guerroyer ? Pourquoi devrait-elle se couvrir d’apparats et n’exister que par sa beauté ? Des questions qu’on se pose plus aujourd’hui, à l’ère du  #balance ton porc, qu’il y a 3000 ans au pays des sphinx… Peu importe, c’est là que réside tout l’intérêt de cette fiction anachronique, historique et féministe. Un petit bémol quand même : la reine obtient une crédibilité après avoir suivi la formation « opération séduction-relooking » auprès d’une esclave thébaine et dès lors qu’elle ne ressemble plus à un « garçon manqué ». Elle est aussi présentée comme une femme « sensible », choquée par le sort des ouvriers accidentés, comme si la « sensibilité » était l’apanage des femmes. Même si on tombe ici dans les dérives du shojo parfois bourré de stéréotypes de genres, ça ne m’a pas arrêtée. Le manga esquisse le portrait d’une Hatchepsout et d’une Egypte sublimées et on s’y plonge avec délectation. Présentée comme une héroïne sensible et passionnée, au caractère bien trempé, la reine d’Egypte sait aussi faire preuve de stratégie collaborative en proposant notamment de commercer au lieu de guerroyer (ce qui s’avère historiquement fondé)… oui guerroyer comme des gros bœufs dégoulinants de virilité offensive (à mon tour de sombrer dans les stéréotypes).

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L’intrigue sentimentale, que les zones d’ombres historiques permettent d’exploiter, est finement introduite. Je laisse le suspense s’installer… 😉 Le dessin souligne les émotions (sans le « too much » propre à certains mangas) et la beauté flamboyante de ce personnage révolté. Détaillé, humanisant, puissant, élégant, le graphisme est au service de l’histoire et de l’Histoire. Le scénario repose quant à lui sur un vrai travail de documentation.

Un beau manga sur fond d’Histoire romancée. Un bel hommage à une figure féminine historique libre avant l’heure. Bref, un petit bijoux du 9è art nippon. A suivre absolument aux éditions Ki-oon, dans la nouvelle collection grand public : « Kizuna ».

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