L’Atelier des sorciers / Kamome Shirahama. Paris : Pika, 2018.

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Kamome Shirahama colore le monde de magie avec sa nouvelle série fantastique : L’Atelier des sorciers.

C’est l’histoire de Coco, une fille de couturière, qui vit dans un petit village au milieu de nulle part. Depuis toute petite, elle rêve d’être une sorcière. Surtout depuis qu’un mystérieux sorcier encapuchonné lui a un jour donné un livre de magie et un encrier. Mais dans ce monde, la sorcellerie est innée et les humains ordinaires ne peuvent y prétendre. Pourtant, lorsque le jeune sorcier Kieffrey débarque au village, Coco va découvrir (en l’espionnant) le secret de la magie. C’est alors que, dans sa naïveté émerveillée, elle va provoquer une catastrophe et lancer un sort de pétrification sur sa mère.

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Dans ce manga de fantasy, la sorcellerie ne se pratique pas à coups de baguette magique mais à coups de plume. C’est le dessin qui ouvre au monde de l’imaginaire et de la féerie. Et ce monde magique fait l’objet de planches minutieuses et détaillées. Les doigts de fée de la mangaka, diplômée des beaux-arts de Tokyo, invitent au rêve et nous offrent un monde peuplé d’ornements stylisés, aux décors et costumes médiévaux. Certaines planches font même penser à la précision détaillée des gravures anciennes. Ici, pas de vignettes épurées aux contours numérisés.  Chaque case est une fenêtre au trait réaliste et savamment griffonné qui s’ouvre vers un monde onirique et fantasmagorique.

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Bref, pour être un bon sorcier, il faut avoir un bon coup de crayon et redoubler d’efforts. Pour pouvoir lancer des sortilèges dignes de ce nom, il faut apprendre à maîtriser l’art et la logique du pentacle ainsi que ses multiples symboles. C’est là le secret bien gardé des sorciers : n’importe qui peut devenir sorcier par l’entraînement et la persévérance. Un secret qui remet en cause l’idée de capital culturel héréditaire dans une société médiévale où la naissance est tout. C’est aussi un beau message d’égalité pour une œuvre née dans un Japon ô combien fascinant mais aussi très hiérarchisé. Coco va d’ailleurs devenir la disciple de Kieffrey et intégrer son école d’élite peuplée de rivales « bien nées » qui ne vont pas l’épargner. En tant que fille de roturière, il va falloir plancher et faire doublement ses preuves.

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L’Atelier des sorciers est classé comme seinen alors qu’il a pour l’instant tous les codes un peu tendres du shojo. On mise alors sur une évolution vers un manga initiatique plus dense centré sur la part d’ombre et les dangers que comporte la magie ainsi que sur le mystère de la confrérie encapuchonnée… Pour l’instant, Kamome Shirahama apparaît comme une puissante sorcière au tracé magique, à l’encre enchantée, aux planches cousues de féerie qui envoûteront tous les apprentis sorciers. A suivre.

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