La Fille dans l’écran, Lou Lubie & Manon Desveaux (Marabulles, 2019)

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Je connaissais Lou Lubie pour sa superbe bande dessinée sur la bipolarité : Goupil ou Face. Ses talents de dessinatrice et scénariste se confirment avec La Fille dans l’écran, bande dessinée réalisée en collaboration avec la dessinatrice Manon Desveaux. Le duo signe ici un bel objet du neuvième art, à quatre mains. Leurs modes opératoires diffèrent mais se rejoignent pour livrer la symphonie d’un récit doux et harmonieux, à l’image de la relation entre les deux protagonistes.

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Manon Desveaux dessine Coline, une fille de 22 ans souffrant de troubles anxieux et rêvant de devenir illustratrice. Lou Lubie dessine Marley, 27 ans, serveuse engagée dans une relation stable, ayant renoncé à ses rêves dans la photographie. Coline s’est retirée à Périgueux chez ses grands-parents et travaille sur un projet éditorial. Marley vit à Montréal avec son copain et se laisse porter par la vie : sorties entre amis, projets d’emprunts immobiliers, « voyages voyages », gym hebdomadaire non consentie. En faisant des recherches sur Internet, Coline tombe un jour sur de vieilles photos de Marley dont elle souhaite s’inspirer. Une relation à distance s’engage alors.

Manon dessine Coline dans la noirceur et le gris. Elle esquisse son anxiété, ses peurs, les fragilités d’une jeune personne en quête de soi et de couleurs, les doutes d’une artiste en herbe, l’impossibilité douloureuse de rentrer dans le moule. Lou dessine Marley dans la couleur et la lumière. Elle souligne le masque de la vie sociale, l’identité perdue et les rêves enfouis. Elle trace le trait d’une personnalité joyeuse et bariolée, faussement épanouie, d’un bonheur moulé dans le conformisme social. Mais à 27 ans, il est peut-être temps de choisir sa vie. Rien de tel qu’une rencontre, peut-être la seule et l’unique d’une vie, celle que chacun aura la chance de vivre ou pas, pour provoquer le déclic de la décision. Encore faut-il être à l’écoute de ce déclic pour avoir le courage d’ouvrir la cage et de s’envoler.

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Un récit lumineux et générationnel qui révèle la vraie couleur de la distance. Quand proximité rime avec toxicité, il arrive parfois que la lumière bleue de l’écran rapproche et révèle la véritable couleur des êtres. Une belle BD sur la puissance des relations, le courage d’être soi et d’aimer.

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