L’Age des ténèbres, de Stephen Aryan (2016, 2017)

Avec sa trilogie de L’Age des Ténèbres, Stephen Aryan fait couler l’encre noire de la Dark Fantasy.

Au royaume de Seveldrom, la magie est détestée. Les enfants ayant le « don » sont rejetés ou assassinés. La « Tour Rouge », censée former les mages, est sur le déclin. Elle a fait naître le nécromancien, un mage noir qui a bien failli détruire le monde. Et si Balfruss, mage de guerre au service du peuple, se bat corps et âme contre les forces du mal, cela ne suffit pas à racheter la magie.

La trilogie de Stephen Aryen peut paraître déroutante sur bien des points. On ne suit pas forcément les mêmes personnages d’un tome à l’autre et cela peut être frustrant. Même si on retrouve Balfruss dans le tome 3, le fil rouge et la cohérence globale de l’oeuvre peuvent nous échapper. Et pour cause, Stephen Aryan n’est pas l’écrivain des petits elfes qui s’envolent vers les havres gris. Il est l’écrivain du chaos. Le mal n’est pas unilatéral et ne disparaît pas d’un coup comme par magie. Il subsiste ici ou là et sous diverses formes : mages de sang, mages de chair, zombies, monstres tentaculaires… Il est partout, dans la ville de Perizzi comme en terre du Shael. L’éclatement de la trilogie en plusieurs lieux et moults personnages, qui ne se recroiseront qu’au détour d’un rêve ou d’un verre ou bien jamais, participe de ce chaos propre au mal dans l’univers d’Aryan. Et dans tout ce chaos, il faut aussi s’attendre à beaucoup de guerres, de combats et de violence parfois un peu au détriment de l’intrigue.

Le tome 3 restera mon préféré, avec des personnages beaucoup plus aboutis. Zannah la morinienne à cornes aux yeux jaunes, renégate faisant pénitence en sacrifiant sa jeunesse pour les shaeliens, est simplement sublime. Alyssa, cheffe malgré elle, est éblouissante d’humanité. Balfruss, ce mage costaud et barbu, toujours muni d’une hache et non d’un bâton magique, renouvelle un peu l’archétype du magicien. Ce tome 3 nous plonge dans un monde de désolation, infesté par un mal viral impossible à identifier. Chaque nuit, les survivants doivent faire face à des attaques de morts-vivants d’autant plus terrifiants qu’ils ont le visage des êtres aimés. Les descriptions de la ville en ruines, de cette cité funéraire rongée par un mal mystérieux, sont savoureuses. On avance avec terreur et désespoir dans ce tombeau géant du Shael, cet enfer terrestre où plus rien ne vit ni ne pousse. Dans l’univers d’Aryan, la gentillesse meurt sur les remparts, transpercée d’une lame. Avec ce 3è tome, Stephen Aryan ouvre la voix d’une dark fantasy post-apocalyptique, ténébreuse et chaotique. Il n’a pas reçu le prix du Helfest pour rien.

Ce jeune auteur de fantasy, amateur de bière, vivant avec sa compagne et ses deux chats, héritier de David Gemmel, mérite qu’on s’y attarde.

Du Tréfonds des Ténèbres

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