L’étranger dans la maison, Shari Lapena (Presse de la cité, 2020)

Résumé : Mariés depuis deux ans, Karen et Tom ont tout pour être heureux : un train de vie confortable, un pavillon coquet, des projets d’avenir. Un soir, quand Tom rentre à la maison, Karen s’est volatilisée. Alors qu’il commence à paniquer, Tom reçoit une visite de la police : son épouse a été victime d’un grave accident de voiture, dans un quartier malfamé où elle ne met d’ordinaire jamais les pieds. À son réveil à l’hôpital, la jeune femme a tout oublié des circonstances du drame.

Un thriller domestique pour nous rappeler que personne ne connaît jamais personne.

Shari Lapena brosse le portrait sans complaisance d’un couple parfait dans sa banlieue pavillonnaire. Elle fait tomber les masques des bonnes manières, gratte le vernis des apparences, écaille la peinture blanche des faux-semblants. Elle fouille la part d’ombre de ses personnages, dissimulée derrière les sourires polis et l’amabilité bienséante. Au croisement entre Desperate Housewives et Gone Girl de Gillian Flynn (en beaucoup moins sombre et fouillé), l’histoire se lit facilement et rapidement. Certains passages et personnages prêtent à sourire, comme celui de la voisine, femme au foyer désespérée, étrangement bienveillante et légèrement intrusive… L’auteure fait preuve d’une efficacité narrative et d’une fluidité de style qui accroche. On a aucun mal à accepter son invitation au coeur de l’intimité de ce couple, trop beau pour être parfait, et dont le quotidien va se retrouver chamboulé par le poison du doute et du soupçon. Lorsqu’elle nous ferme la porte, on a qu’une envie, c’est d’y retourner. Alors on s’introduit par effraction dans cette maison au bonheur de façade. On déambule dans les couloirs sombres d’un foyer qui se délite, on ouvre les portes d’une confiance qui se brise, on fouille les tiroirs d’un amour trop fragile qui s’effrite. Nous devenons « l’étranger dans la maison », le lecteur voyeur et fouineur, avide de découvrir le vrai visage des personnages.

Shari Lapena nous tient en haleine mais j’aurais préféré des portraits un peu plus creusés et une fin un peu moins prévisible. On a l’impression de survoler une histoire déjà vue. Néanmoins, l’intrigue reste agréable à lire et parfaite pour les dimanches où l’on n’a pas envie de se faire de noeuds au cerveau.

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