Une Bête au paradis, Cécile Coulon (L’Iconoclaste, 2019)

81FjSC9TNML.jpg

Cécile Coulon signe un roman d’une noirceur éblouissante et solaire. Elle raconte le corps des femmes dans le monde rural, leur force bestiale, leur puissance animale, leur résistance brute. Elle raconte l’amour frustré de Blanche, sa passion sacrifiée pour la terre, sa passion anéantie par l’ambition de ceux qui ne comprennent pas la terre. L’auteure nous plonge dans les profondeurs d’un cri sauvage, d’un râle primaire, d’une souffrance ruminante, d’une douleur monstrueuse qui crie vengeance. Ce roman, c’est un grognement de méchant chien de ferme, le coup de bec tranchant d’une oie haineuse, le mugissement sourd d’une vache prise dans un barbelé, le feulement d’un chat sauvage, le braillement strident d’un porc qu’on saigne… C’est aussi une énorme araignée noire aux pattes velues, qui a piégé Blanche dans sa toile immonde, et l’a paralysée de douleur et d’épuisement. C’est l’histoire d’une femme qui se meurt de passion pour sa terre et son amant déserteur. C’est le récit de la formation d’une bête prisonnière d’une clôture infernale. Et cette araignée… il faut puiser dans une force primitive enfouie pour la dévorer vivante.

Le style de Cécile Coulon est aussi sec et calciné qu’un champ de blé en plein été caniculaire. Elle a su enfermer la férocité des passions humaines dans l’enclos de son écriture vive et puissante. Sur ce, très bonnes vacances à tous 😉

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s