Petits secrets, grands mensonges, Liane Moriarty (Albin Michel, 2016)

Si vous avez aimé Desperate Housewives, vous aimerez Petits secrets, grands mensonges.

Liane Moriarty gratte le vernis des apparences avec talent, dévoile avec humour les petites vérités dissimulées derrière les grands sourires de façade, grignote avec malice la peinture blanche et parfaite des portails de maisons pavillonnaires. Dans le quartier de Pirriwee à Sidney, tout semble tranquille. Mais quand le fils d’une nouvelle habitante est accusé de harcèlement à l’école, tout bascule. Le fils de Jane, mère célibataire de 24 ans, devient alors l’objet d’une méfiance généralisée. Sur la base d’accusations d’une petite fille de maternelle, on n’hésite pas à lancer une pétition pour exclusion, remettre en cause l’éducation de Jane, colporter ragots sur ragots et impulser la chasse aux sorcières. Jane sera soutenue par Madeline, une quadra en préménaupose dont on appréciera le cynisme et l’aigreur (grandement pour moi : c’est le genre de personnage qui m’ôte les mots de la bouche et gagne d’emblée ma sympathie). Liane Moriarty pousse les portraits de ses personnages jusqu’à l’excès et cette peinture caricaturale de la vie des quartiers résidentiels nous fait grincer de rire. Le roman abordera aussi bien les violences conjugales que l’adultère, l’orgueil des parents à la progéniture surdouée ou encore le ridicule des adeptes du yoga dont la bienveillance dissimule une intériorité pas si zen que ça. Alors quand une ado se met à vendre sa virginité sur le net pour sensibiliser à la cause des mariages forcés, on ne s’étonnera qu’à moitié. Et on s’étonnera encore moins d’avoir droit à un petit meurtre en filigrane de l’histoire. Tout ce beau monde plein de bons sentiments nous arrache quelques larmes de rire, et un peu de tristesse car l’auteure sait donner sa juste place aux petites et grandes souffrances du quotidien. Entre humour croustillant et dénonciation aigre, Liane Moriarty parvient à saisir les mœurs boboïsées des banlieues bourgeoises contemporaines, parfois agaçantes mais au sein desquelles l’amitié a sa place. La série Big little lies transpose l’action en Californie et rien que pour le casting (même si j’aurais plus vu Laura Dern en Maddie), je pense que je vais m’y plonger.

Un roman à succès drôle et acidulé (découvert sur le tard pour moi), au style fluide et qui se boit comme un cocktail sur un transat en été. Avec dégustation.

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