La Vie hantée d’Anya, Vera Brosgol (Rue de Sèvres, 2019)

La vie hantée d'Anya | Rue de Sèvres

Anya est un adolescente complexée qui peine à s’intégrer au Lycée. Par tous les moyens, elle tente de gommer ses rondeurs, son accent russe, ses différences. Un jour, elle tombe au fond d’un puits et rencontre Emily, un petit fantôme qui devient sa meilleure amie. Mais Emily va devenir de plus en plus envahissante voire toxique. Le petit fantôme, qui cache un lourd secret, n’est peut-être pas si bienveillant…

Vera Broscol dessine avec talent les émois de l’adolescence. Son graphisme rappelle celui de Marjane Satrapi, exilé dans un univers fantastique et plus sombre. Mais ce récit d’apprentissage n’a rien de morbide. On y suit simplement le parcours d’une adolescente qui va finir par comprendre que s’intégrer, ce n’est pas s’effacer. Ce n’est pas non plus fumer si l’on n’en a pas envie. Emily, le petit fantôme, évoque cette part sombre et douloureuse de l’adolescence où l’on est prêt à sacrifier son identité pour être aimé. Cette petite voix qui se veut bienveillante mais nous tire vers le bas… Vera Broscol trace avec douceur les voies ténébreuses de l’acceptation de soi. Elle esquisse avec délicatesse les contours de la lutte adolescente pour être soi.

Un petit bijou tout rond et tout mignon qui nous rappelle que vouloir être « cool », c’est se perdre dans un puits sans fond.

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